Parfois vous participez aux compétitions, mais ne réussissez pas à vous engager totalement du fait de votre caractère et des valeurs profondes que vous ressentez comme essentielles.
J’espère que cette courte « chronique » vous aidera à faire le point.
Donc, d’un côté, il y a ces valeurs essentielles :
modestie, humanisme, bonté, compassion…
Elles sont inestimables, et jamais, au grand jamais, le judo ne doit vous amener à y renoncer.
Ce serait aller à l’encontre de ce que le génial Jigoro KANO Sensei a voulu en créant le judo.
D’un autre côté, vous avez la compétition où le jeu consiste à dominer un adversaire.
Les conditions sont rassemblées pour que vous soyez mal à l’aise avec vous-mêmes et que le résultat en compétition soit négatif.
En fait, il s’agit d’un conflit de vocabulaire.
Je vous propose de réfléchir aux mots employés dans le langage courant :
Compétition : les Anglais semblent préférer le mot « challenge » qui paraît engager le judoka plus vis-à-vis de lui-même que de « l’adversaire ».
Adversaire : est probablement le mot qui convient car il y a opposition. Ce n’est donc pas un « partenaire ».
Mais ce n’est pas non plus un « ennemi » à abattre à tout prix.
C’est simplement quelqu’un que vous connaissez ou non et qui vient, comme vous, faire un match loyal en respectant les règles, et l’intégrité physique et mentale de l’autre.
Maintenant, il faut distinguer « agressif » et « combatif ».
L’agression se fait avec l’intention de nuire.
Le combat implique l’engagement de chacun dans le but de gagner, de réussir.
Donc, un judoka est combatif, pas agressif, même si le terme est généralisé.
Le terme « agressif » conduit toujours à des excès ou permet de justifier des comportements néfastes aux combattants à court, moyen ou long terme.
J’entends dire assez fréquemment
« il manque de méchanceté ».
Une fois même, on m’a dit, je veux qu’il soit « violent » !
Entendu dans les gradins à Paris : « tue-le » !
Il est évident qu’aucune des personnes qui prononcent ces mots ne souhaite avoir un enfant méchant, violent ou, encore moins, tueur !
Le seul vrai moyen de gagner est d’être efficace.
L’efficacité est liée à l’intelligence, aucunement à la méchanceté ou à la violence.
L’expérience de la compétition bien menée amène à gérer sa vie de façon équilibrée et efficace, même si on n’a pas été champion.
D’autres moyens existent, bien sûr, mais la compétition bien comprise présente l’avantage de vous faire travailler sur la peur.
Alors, le conseil que je vous donne :
Gardez bien toutes les valeurs humanistes et engagez-vous totalement et intelligemment dans la compétition.
Ayez un mental de vainqueur soyez combatif.
Pensez bien que lorsque les 2 adversaires donnent le meilleur d’eux-mêmes, tout le monde y gagne. Lorsque vous ne vous engagez pas complètement, vous perdez, mais votre adversaire aussi y perd car il n’a pas pu donner le meilleur de lui-même.
S’il vous est donné d’aller loin en compétition, vous constaterez que l’amitié la plus solide et la plus franche sera pour vos adversaires les plus rudes.
SOYEZ VRAIS !!!
Michel PINEL
Le 30/10/09
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